De l'Antiquité jusqu'à nos jours, le caractère
saisonnier ou exceptionnel de certaines activités liées
à l'agriculture ou aux grands travaux a rendu nécessaire
le recours à une main d'oeuvre provisoire. Pourtant, ce n'est
qu'au début du XXe siècle que le terme "travail
temporaire" naît avec l'apparition, aux États-Unis,
de la première société de travail temporaire (1905).
 
Le baby-boom
Après la Seconde Guerre mondiale, le Bureau international
du travail tente de mettre fin à ce type de contrat, mais il
devra céder face à la pression sociale et économique.
En effet, l'expansion économique que connaîtra l'Europe
dans les années 1950 rendra nécessaire la main
d'oeuvre d'appoint et le Vieux continent importera du Nouveau monde
ce système qui s'est aujourd'hui imposé comme un puissant
vecteur d'insertion et de réinsertion sur le marché de l'emploi.
C'est en 1954 que Laurent Negro, qui vient de découvrir
le travail temporaire aux États-Unis, crée en France
le Bureau international du secrétariat (Bis). Son
agence, installée à Paris, comptera vingt-quatre
secrétaires intérimaires dès sa première année d'exercice.
En 1955 naît la première organisation professionnelle
du secteur : la Chambre syndicale du personnel intérimaire.
En 1958, Bis ouvre la première agence de province
et lance la course à la création d'un réseau national d'agences.
Croissance et crise
Le travail temporaire a vu le jour hors de toute réglementation.
Aussi, dans le contexte de surchauffe économique des années
1960, son succès inquiète syndicats et pouvoirs publics.
Il faut dire qu'à cette époque le secteur du travail
temporaire "explose", et que l'on passe rapidement de
50 entreprises à 300 ! 1962 : création de
la société Paris Service. En 1964, Bis, qui
dispose déjà d'une vingtaine d'agences, crée
un département "industrie". La Chambre nationale
des entreprises de travail temporaire et la Confédération
internationale des entreprises temporaires sont créées
en 1967. Cette même année, la profession compte
six fois plus d'entreprises qu'en 1960, et un an plus tard, Bis
a déjà la capacité de déléguer
3.000 intérimaires aux Jeux olympiques d'hiver de Grenoble.
Les années 1970 voient la croissance d'Élan,
société issue de Paris Service, qui rachète
les entreprises d'intérim spécialisées en
transport, banque, industrie, etc.
Si en 1973 Bis inaugure sa centième agence et fait
son entrée en Bourse, dans cette décennie
marquée par deux chocs pétroliers, la défaillance
de certaines entreprises de travail temporaire entraîne l'apparition
de sociétés de cautionnement chargées de prendre
le relais de ces enseignes incapables de s'acquitter des salaires
et des charges sociales... des dispositions qui deviendront obligatoires en 1979.
La reconnaissance
Durant les années 1980, la palette des garanties
et droits accordés aux intérimaires apportera aux entreprises
de travail temporaire la respectabilité qu'elles attendaient.
De l'indemnisation complémentaire de maladie au congé
maternité, une succession d'accords garantit désormais
aux intérimaires des avantages comparables à ceux des
salariés permanents.
En 1982, Bis assure 300.000 missions sur l'année.
La société a une assise telle qu'elle résiste
à une crise touchant pourtant 45% des entreprises du
secteur de 1980 à 1984.
1987, vedior international, groupe néerlandais, s'implante
en France, alors que Bis absorbe Élan, OCI et
l'Appel Médical l'année suivante. Ces sociétés
totalisent alors à elles trois 110 agences réparties
sur tout le territoire français.
Vedior lance les premiers "intérim d'Or vedior"
en 1996. Ce concours vient récompenser les meilleurs
projets d'entreprise présentés par des intérimaires
et leur apporte un soutien financier.
En 1997, après l'acquisition de Bis par le groupe
vedior naît vediorbis, aujourd'hui 3ème groupe
sur le marché français... et en 1998, un
intérimaire sur trois a décroché un contrat
en entreprise à l'issue de leur mission !